Mardi 11 août 2009 2 11 /08 /Août /2009 20:22
Nahuel écarta les dernières branches qui lui barraient la lumière du jour et déboucha sur une gigantesque clairière de près d'une lieue de diamètre encerclée par la forêt pour sa plus grande partie et coupée à son extrémité par une falaise au delà de laquelle s'étendait l'océan, surplombé d'une arche majestueuse où venaient s'écraser les vagues.
  "Nous y sommes." dit Okino en débouchant dans les hautes herbes à ses côtés, suivi de près par Nilfilee et Ishar. "Il est ici"
  "Je le vois" dit Nilfilee dont les yeux étaient bien plus efficaces que ceux de ses compagnons.
Tous regardèrent dans la direction qu'elle pointait. En effet, au beau milieu de la clairière, un mince rayon de lumière blanche et pâle semblait filtrer entre les hautes herbes, à peine visible dans la lumière du jour.
  "Dépêchons-nous. Ils pourraient arriver d'un moment à l'autre" dit Okino en applatissant les herbes devant lui.
Nilfilee regarda Nahuel et Ishar suivre leur ami. Ils avaient l'air tellement fatigués... Le voyage leur avait fait payer un lourd tribut et ils avaient tous pensé ne pas survivre à un affrontement contre Mishar mais là, le baton à portée de main, leurs adversaires absents, ils avaient atteint leur but!
Elle sourit légèrement avant d'emboiter le pas à ses compagnons qui avaient déjà pris de l'avance sur elle. 
Une dizaine de minutes plus tard, alors qu'ils arrivaient à la hauteur de la source de la lumière, Okino s'arrêta.
  "Vous avez senti?" demanda t'il, inquiet.
Au moment où il terminait sa phrase, l'air se mit à tourbilloner devant eux, formant un petite tornade horizontale qui se transforma rapidement en un vortex : un portail venait de s'ouvrir entre eux et l'artefact! 
Du portail, couvrant pratiquement le sifflement de l'air et des herbes qui y étaient happés, ils entendirent des hurlement de douleur retentir, puis un grande explosion au moment où 3 hommes passèrent à travers et posèrent le pied dans les herbes devant eux. Le vortex se referma brutalement, mettant fin aux cris horribles qui en sortaient et laissant les herbes et les feuilles retomber doucement au sol autour d'eux.
Devant eux, et tournant le dos à l'artefact, se tenait Mishar, accompagné de Bragon et Snikk.
  "Ishar, mon frère..." dit le premier, posant la main à la garde de sa fabuleuse épée.
Comme toujours en présence de cet homme, Nilfilee se sentit attirée par sa voix douce et son regard d'ange. Mais elle avait appris à ses dépends à ne pas s'y fier et ne commetrait plus jamais l'erreur. La longue cicatrice qui lui traversait le dos le lui rappelait douloureusement chaque jour.
Les quatres compagnons restèrent immobiles, aucun ne toucha ses armes ni ne posa le regard au delà des trois nouveaux arrivants, de peur d'attirer leur attention sur le baton dont ils étaient le plus proche. Mais cela ne pouvait pas durer, tous devaient sentir la force de l'objet les attirer comme un aimant.
  "Mishar, va t'en! Je ne te le dirai plus et si nous nous affrontons cette fois, ce sera la dernière."
  "J'en ai bien l'intention, mon frère. Ce baton sera à moi et..."  il s'arrêta brusquement avant de sourire. "Mais il semblerait que nous ayons l'avantage..." 
Okino n'attendit plus une seconde. Le sort qu'il avait incanté silencieusement et retenu jusqu'au dernier moment se relâcha enfin. Un formidable onde de choc balaya leurs adversaires, les envoyant voler à plusieurs mètres de là... Sauf Mishar qui sortit son épée qui brilla de sa lumière noire et, en frôlant les herbes, celles-ci se ratatinèrent doucement en jaunissant. 
  "Vous faites une erreur, mes amis." dit il encore avant que Nilfilee ne réagisse.
Trop rapidement pour que l'oeil la suive elle encocha une flèche et la lâcha, une autre déjà encochée alors que la première n'avait pas encore atteint sa destination : le coeur de Mishar. 
Celui-ci ne broncha pas et, d'un simple revers de la main, sans même toucher le mortel projectile,  l'envoya voler sur le côté. 
Le combat s'engagea réellement quand les deux sbires de Mishar revinrent à la défense de leur maître. Tous deux semblaient à peine secoués par le coup infligés par Okino. Ils passèrent assez près du baton pour le toucher mais ne s'en emparèrent pas : seul les deux frères y étaient autorisés. Le croyances de Netheril avaient la vie dure et même dans une telle situation, aucun d'eux ne les enfreindrait.
Snikk prononça à voix basse un mot que lui seul entendit et une boule sombre se matérialisa autour d'Okino. Celui-ci tenta de réagir mais ses paroles furent immédiatement étouffées par la sphère d'Otiluk qui l'emprisonnait.
  "Bien, il semblerait que le fauteur de troubles ne nous dérangera plus." dit Mishar en souriant méchamment. "Mais autant s'en assurer..."
Il leva une main et la sphère se souleva dans les airs, suivant son mouvement. Puis, comme poussée par un geste sec de son bras, et sous le regard terrifié et impuissant d'Okino et de ses amis, elle fut projetée dans les airs en direction de la mer où elle disparut derrière la falaise.
  "NOOOON!" cria Nahuel.
  "Voyons, mon ami. Tu sais bien qu'il ne risque rien dans une sphère d'Otiluk!  Jusqu'à ce qu'elle se dissolve en tout cas..."
Nahuel n'écouta pas et se jeta vers Mishar, ses deux dagues noires aux lames incurvées dégainées. C'était un mouvement totalement irraisonné du rogue : une attaque frontale de Mishar n'avait aucune chance de succès pour lui. Mishar n'eut même pas à se déplacer : Bragon intercepta le malheureux d'un coup de son marteau de guerre qui vint s'écraser contre son bras droit. Nahuel parvint tout juste à esquiver suffisemment le mouvement pour ne pas avoir son crâne écrasé mais tous entendirent un os craquer et le hurlement du pauvre homme. Ishar se jeta à son tour vers son frère, dégainant son épée qui s'enflamma aussitôt.
Voyant Snikk concentré sur son maitre et préparant de toute évidence un sort contre Ishar, Nilfilee décocha une flèche en direction du sorcier qu'elle frappa de plein fouet à l'épaule. Celui-ci, perdant toute concentration, fut incapable de terminer son incantation et tourna lentement son regard mauvais vers la jeune demi-elfe avant d'arracher la flèche de sa chair. Il dégagea un baton couvert de rune de sa ceinture avec son bras valide et le pointa vers elle. Instinctivement, Nilfilee plongea sur le côté, juste à temps pour éviter l'aveuglant rayon de lumière blanche qui fusa de la baguette vers l'endroit où se trouvait son torse quelques instants avant. Elle sentit une odeur de roussi et comprit que ses cheveux avaient pris feu mais elle décida de na pas y prêter attention et, se rétablissant d'une roulade, encocha et tira, comme d'un seul mouvement gracieux. La flèche vola vers le mage mais il disparut, semblant s'enfoncer brutalement dans le sol avant qu'elle ne l'atteigne et elle continua sa route avant de se perdre dans les hautes herbes.
Ishar se jeta sur son adversaire, abattant son épée vers son crâne mais fut dévié par la lame sombre et dut à son tour esquiver un coup mortel. Le combat entre les deux frères s'engagea, des coups d'une force inouïe furent esquivés par les deux maitres d'arme, des langues de feu ou d'ombre dessinant de longues courbes dans la trajectoire des lames et faisant jaillir milles étincelles dans un hurlement inhumain quand elles s'entrechoquaient.
Les deux hommes criaient leur rage et leur haine. Haine plus du destin qui les faisait s'affronter que de l'un pour l'autre. L'affrontement était hypnotisant, tant l'expertise des combattants avait atteint un haut niveau, transformant leurs mouvements en une danse de mort d'une étrange beauté.
Nahuel profita de ce que Bragon avait l'attention attirée par son maitre, se demandant s'il devait lui venir en aide ou s'occuper de son adversaire au sol, pour s'esquiver sur le côté. Il voyait Nilfilee, qui venait d'éviter un rayon d'énergie qui avait mit le feu à sa superbe chevelure, relever le capuchon de sa cape pour éteindre les flammes avant qu'elle ne s'attaque à son visage. Il voyait aussi le grand barbare tourner le regard vers lui, ses yeux dénués d'intelligence montrant qu'il avait pris une décision et se jeter vers lui. 
Nahuel se releva, les idées plus claires malgré son bras cassé. Bragon n'était pas agile mais il avait la force d'un dragon et ne devait pas être pris à la légère. Il vit une de ses dagues au sol, dans l'herbe mais ne pouvant plus l'utiliser, il se concentra sur le combat qui s'annonçait.  Bragon lança le premier coup, abattant son lourd marteau vers le rogue qui l'equiva rapidement, tentant de plonger sa dague dans les côtes du barbare mais ne récoltant qu'un énorme revers du poing qui l'envoya voler au sol, des étoiles volant devant ses yeux. Quand il y vit de nouveau clair, il s'aperçut que son ennemi se tenait au dessus de lui, relevant déjà son marteau : il n'aurait aucune chance de l'éviter. Soudain, Bragon cria et se retourna, exposant son dos où une flèche était plantée pratiquement sur la moitié de sa longueur : Nilfilee.
Nahuel n'attendit pas que l'occasion soit passée et se jeta contre le dos de son adversaire, plantant sa dague tout en bas, où se trouvaient les reins. Les douleurs infligées à cet endroit pouvaient être suffisemment intolérable pour faire perdre ses moyens à un homme, même un tel que Bragon et c'était un des seuls endroits dans la cuirasse de l'homme qu'il pouvait atteindre facilement.
Alors que Nilfilee s'apprêtait à décocher une deuxième flèche, Nahuel vit le sorcier se lever dans les hautes herbes derrière elle et pointer son baton.
  "NIL, DERRIERE TOI!" hurla t'il en tentant de ne pas perdre prise sur sa dague dans le dos du barbare qu'il ne pouvait retenir de son bras cassé.
La demi elfe se retourna et lâcha sa flèche en hurlant, projetant toute la force qu'elle avait dans son projectile, au moment où le rayon de lumière blanche fusait de la baguette. Les deux se croisèrent à mi chemin inondant la flèche de lumière blanche. Le rayon ne s'arrêta pas, semblant se gonfler au passage de la flèche avant de reprendre sa forme normale et sa trajectoire. Puis les deux frappèrent leurs cibles. 
La flèche de Nilfilee transperça la baguette dans la longeur, la faisant exploser en une gerbe d'écharde qui frappèrent le sorcier au visage et au torse, avant de transpercer la main de Snikk, puis sa robe, puis sa poitrine et son coeur qui explosa pratiquement sous l'impact, avant de continuer à travers la colonne vertébrale, réduisant en poussière plusieurs vertèbres, et ressortant dans son dos. La flèche continua encore plusieurs dizaines de mètres avant de se perdre dans les herbes.
Nilfilee fut frappée de plein fouet par le rayon qui éclata sur sa poitrine, l'englobant de flammes blanches qui semblaient brûler en accéléré. La jeune femme jeta son arc au loin et hurla de douleur et de peur en tombant sur le dos, tentant d'éteindre les flammes magiques. Mais si elle avait encore été capable de penser, elle aurait su que rien de tout ce qu'elle pourrait faire n'éteindrait le feu sacré de Shar dont elle venait de détruire l'ultime baguette existante sur Faerun. Elle perdit la raison de douleur et éclata d'un rire dément en se roulant de plus belle dans les hautes herbes, enflammant tout autour d'elle de flammes bien normales qui lui auraient semblées des caresses en comparaison au monstre qui la brûlait maintenant. Enfin, elle rendit son dernier soupir et mourut... Les flammes blanches se calmèrent et devinrent bien vite d'une couleur orangée normale, se melant au petit incendie autour d'elle qui terminait de réduire son corps en cendres.
  "NOOOOOONNNNNNNN!" hurla Nahuel.
Devant la mort de son amie, le rogue perdit tout notion de ce qui se passait autour de lui. Il n'entendit plus la rage du combat des deux frères ou le crépitement des flammes qui commençait à doucement s'étendre autour d'eux. Il perdit son étreinte sur la dague qu'il avait plantée dans le dos de Bragon et lâcha le barbare qui s'effondra à genoux. Puis se dirigea vers le corps de son amie, s'arrêtant quand la chaleur devint trop inssuportable pour avancer plus.
En entendant les hurlements de Nilfilee et de Nahuel, Ishar perdit sa concentration pour un instant. Il rompit l'interminable ballet de frappes et de parades pendant une fraction de secondes qui suffirent à Mishar pour le frapper à la cuisse. La blessure sembla irradier dans tout son corps et il tomba instantanément au sol, criant et se tordant de douleur. Il porta une main à sa blessure et ne sentit pas de sang mais ne s'en réjouit pas : la lame de Mishar détruisait tout ce qu'elle touchait et sa jambe serait sans doute à jamais perdue...
Ouvrant péniblement les yeux, il vit son frère, couvert de sueur dûe au combat autant qu'à l'intense chaleur dégagée par sa lame, pointer son épée vers sa gorge.
  "Tu as perdu petit frère... Joins-toi à moi. C'est une chance que je t'offre! Que ne pourrions nous faire ensemble, avec le baton?"
  "Jamais! Nous te tuerons et Selune récupérera son bien!"
  "Nous? NOUS?" s'écria Mishar, "Mais regarde autour de toi, Ishar! Regarde tes amis! Il n'y a plus de vous! Il n'y a même plus de toi!"
Ishar, toujours couché, torturé par la douleur, jeta un oeil autour de lui. Il vit Nahuel, son fidèle ami depuis tellement d'années, à genoux dans les herbes, son bras pendant à son côté, les yeux fixés dans les flammes qui se rapprochaient de lui...
  "Nahuel..." murmura t'il tandis que Bragon se relevait et se dirigeait vers le dos du rogue.
Il ne vit pas Okino dont il avait tellement appris, son maitre et ami dans tant de circonstances, maintenant perdu dans l'océan.
  "Okino..."
Et surtout, il vit, au milieu des flammes, une main carbonisée reserrée comme une serre pointant vers le ciel...
  "Non... Nilfilee..."
Des larmes coulèrent sur ses joues et il hurla, ne sentant plus la douleur dans sa jambe, juste la peine sans borne qui menaçait de le rendre fou.
  "Je t'offre une chance de vivre!" hurla Mishar, "Une chance de vivre ensemble quelque chose de grand, côte à côte!"
  "Je ne veux pas te tuer, petit frère" reprit t'il plus doucement après une pause, le regard presque triste sous son masque dur, "Mais si j'y suis obligé, je le ferai , tu le sais!"
Ishar n'avait rien entendu de ce petit discours. En lui montait une rage qu'il n'avait jamais soupconné ressentir un jour. Il pointa brutalement son épée vers le torse de Mishar et les flammes qui l'englobaient se concentrèrent à son extrémité avant de se jeter en avant, tournant sur elles-mêmes telle une tornade mortelle. Mishar fut frappé par le vortex de feu et fut projeté au sol. Pendant qu'Ishar se relevait, s'appuyant sur ses bras pour soutenir le poids mort de sa jambe, une sphére d'eau se forma, semblant attirer des goutes de toutes les directions qui s'agrégeaient dans l'air au dessus du corps immobile de son ennemi, malgré les flammes. La sphère tomba soudain et aspergea Mishar, éteignant les flammes. Il se releva également, la peau d'un rouge carbonisé par endroits et sa chemise en lambeaux.
  "Tu as fait ton choix, petit frère..." dit il d'une voix d'où suintait la haine.
Alors que les deux frère se relevaient, Nahuel fut soudain frappé sur le côté de la tête et vola au sol. Le temps qu'il se retourne sur le dos, Bragon s'était jeté sur son ventre, l'immobilisant dans l'herbe qui brûlait rapidement vers eux. Les mains énormes du barbare se refermèrent sur sa gorge et il sentit d'un seul coup sa trachée s'écraser, incapable de recevoir le moindre souffle d'air. Il tenta de se débattre, se secouant de tous côtés mais il était trop faible comparé à son adversaire, même blessé. 
Alors que sa vue commençait à s'assombrir doucement et que les forces commençaient à lui manquer, Nahuel, ayant perdu tout espoir, tenta de tourner la tête vers ses amis. A sa gauche, les herbes brûlées étaient à quelques centimètres de son visage et il sentait la brulure de certaines contre ses cuisses. Dans ces flammes se trouvait le cadavre de Nilfilee. Il tenta de crier mais seul un gargouillis étranglé sortit de sa bouche au milieu d'une écume de salive. 
Soudain, il vit, à portée de main, un éclat de lumière rouge : au milieu des flammes reposait la dague qu'il avait laissée tomber au début du combat. Sans prendre le temps de réfléchir, il plongea la main dans le brasier et tenta d'attraper la dague. Ses doigts frôlèrent le rubis enchassé à la base de la garde et sa manche prit feu directement, englobant son bras dans une douleur qu'il tenta d'ignorer. Il était trop loin! Il tenta encore de l'attraper, sa vision tournant au gris profond, son visage rouge cramoisi. Il réuni alors toutes ses forces et, donnant un violent coup de rein, poussa leurs corps plus près du braisier. Les centimètres qu'il avait gagné lui plongèrent le visage dans les flammèches des herbes et ses cheveux priirent feu également. Bragon, ne pouvant lâcher sa proie maintenant, restait concentré sur la gorge de Nahuel et ne vit même pas le bras enflammé de ce dernier se lever des hautes herbes, sa main produisant un horrible sifflement de chair brûlée quand sa paume entra en contact avec le métal chauffé au rouge. Il sentit à peine la lame s'enfoncer dans sa gorge, déchirant sa trachée et sa jugulaire mais, déjà trop blessé, il perdit instantanément toutes forces et tomba sur le côté. Nahuel roula au dessus de lui, le corps toujours en feu et enfonça sa dague dans l'oeil du barbare.
Durant le combat désespéré de Nahuel, Ishar et Mishar étaient restés face à face, pratiquement sans bouger. Entre eux, le vent lui-même semblait ne pas oser passer et tout s'était immobilisé. Leurs corps trop abimés avait amené le combat sur un autre niveau où seuls leurs cerveaux s'affrontaient. Leurs visages crispés, leurs regards fixés l'un dans l'autre, ils étaient au centre d'une véritable tempête  dont eux seuls pouvaient ressentir les effets. Chacun occupé à tenter de défoncer à coup de bélier les défenses mentales de l'autre. Ishar sentit son bouclier s'effriter de plus en plus à chaque attaque de son frère qui le connaissait tellement bien. Il tenta de se jeter à l'assaut de l'âme de son ennemi, le détruisant de la manière la plus fondamentale qui soit mais sentit au même instant la même tentative contre lui. Détournant le flux de ses pouvoirs vers ses défenses, il encaissa douloureusement le choc, renvoyant avec toute l'énergie du désespoir un attaque contre les remparts mentaux de Mishar. Les oreilles et les yeux des combattants saignaient sans qu'aucun ne s'en rende compte mais le dernier choc les fit sortir de leur transe. 
En un instant, les deux frères se rendirent compte de leur situation. Tous les deux trop faibles pour encore combattre, leur seul espoir résidait dans l'artefact qui se trouvait maintenant... Juste entre eux deux. 
Au moment où Nahuel se retournait pour voir son dernier compagnon survivant, il vit les deux hommes, gravement blessés se jeter en même temps vers la source de la lumière pâle. Il voulut crier, les empêcher de commettre cette erreur grossière mais sa gorge refusa de lui obéir. Il vit les mains des deux hommes qui se ressemblaient tellement et si peu à la fois se poser en même temps sur l'orbe blanc dont était surmonté le baton... puis tout sembla s'arrêter.
Pour Nahuel, aucun son ne se fit plus entendre , comme si le vent lui même venait de mourir : ni bruit des vagues dans le lointain, ni bruit des flammes à côté de lui, ni cri des oiseaux dans la forêt, plus loin... Les herbes et les flammes semblaient s'être figées en même temps que les deux ennemis entraient en contact avec l'artefact. Nahuel eut la vision très claire d'un goutte de sang qui avait coulé de l'oeil de Mishar arrêtée en pleine chute à une dizaine de centimètres de son visage... Avant que les enfers ne se déchainent.
La dernière pensée du rogue fût:
  "Qu'avons nous fait?" 
avant qu'un cyclone de flammes ne le réduise en cendre instantanément.

Dans la sphère d'Otiluk, Okino était à genoux, priant ses ancêtres pour la vie de ses compagnons. Il se savait impuissant, prisonnier de ce sort et livré au gré des vagues où il flottait. D'où il était, il ne voyait que la haute falaise d'où il était tombé et dont il s'éloignait doucement.
Soudain, il sentit une onde de magie plus forte que tout ce qu'il avait jamais connu (il n'avait pas été présent le jour où Karsus avait lancé son sort maudit mais ceci devait surement s'approcher de la puissance de Karsus). Il se releva dans la bulle quand celle-ci fut projetée en arrière. Il vit, alors qu'il peinait pour garder un équilibre instable, la falaise de près de 100 mètres de haut se désintégrer de haut en bas, de jets de feu liquide semblant jaillir de chaque fissure avant d'exploser en projetant des rochers de la taille de grosses maisons dans toutes les directions. Au dessus de l'horizon formé par le dessus de la falaise, une gigantesque explosion, bien plus large que ce qu'avait été la clairière et devant atteindre facilement deux lieues de diamètre masqua le ciel. 
  "Mes ancêtres, aidez-nous... Ils l'ont partagé..." murmura Okino...
Il vit d'énormes rochers se fracasser contre sa bulle qui lui sauva la vie avant de tomber dans l'eau bouillonnante autour de lui. D'énormes poissons sautaient hors de l'eau, affolés et mourraient avant de retoucher la surface.
Sa sphère fut soudain violemment attirée vers l'immense nuage de poussière, de fumée et de feu où s'était trouvé la falaise quelques instants plus tôt. Il parcourut en un instant les 2 kilomètres qui le séparait de la falaise et plongea dans le nuage infernal, accompagnant une gigantesque vague qui s'engouffrait dans l'espace ouvert par l'explosion. Devant lui, il sentait plus qu'il ne la voyait la présence de l'artefact et, tout à coup, il le vit, entourés d'une d'un globe d'énergie, Ishar et Mishar flottaient dans les airs, tous deux tenant le baton à bout de bras, Mishar semblait cambré dans une transe  effrayante et Mishar tirait l'orbe à lui, dirigeant la pointe à la base de l'artefact vers le coeur de son frère...
Puis la vague déferla et Okino perdit toute conscience de qu'il se passait. Il ne vit pas la vague recouvrir les deux frères puis s'écraser contre la paroi du cratère, explosant vers le ciel et éteignant une partie de l'incendie qui avait pris sur ses côtés. Il avait perdu connaissance quand, près d'une minute plus tard, la mer se calma enfin et, suivant la longue chute d'un dernier rocher, la grande rivière qui passait autrefois au large de la clairière tombait pour la première fois dans la nouvelle baie. Il se réveilla quand, enfin, la sphère se dématérialisa, des heures plus tard, et qu'il tomba lourdement dans l'eau tiède.
Il nagea péniblement vers la rive, trop fatigué pour incanter un sort, puis escalada lentement la pente raide du cratère jusqu'aux arbres et herbes roussies du sommet. Là, il s'endormit et cauchemarda pendant longtemps avant de se réveiller au beau milieu de la nuit, sous la lune décroissante entourée des larmes de Selune. Une petite fille se tenait devant lui, son visage effrayé. Elle lâcha ce qu'elle tenait dans ses mains et, dans un claquement d'air, disparut à sa vue. Il entendit ensuite un bruissement de feuilles dans les arbustes encore vivants à quelques mètres puis plus rien.
En se levant, Okino, vit que les objets laissés par l'étrange gamine étaient les armes de ses amis et ennemis : L'arc de Nilfilee, les dagues de Nahuel, ainsi que le marteau de Bragon et les pierres ioun de Snikk... Seuls les épées d'Ishar et Mishar manquaient. Okino s'agenouilla devant ce qu'il considérait déjà comme des reliques et, pleurant doucement, pria pour les âmes de ses amis disparus à jamais.
Il pria ainsi plusieurs jours jusqu'à ce que, épuisé par la fin et la fatigue, il tombe inconscient.

  "Réveille-toi, Okino!" entendit-il une voix familière lui jeter d'au delà des ténèbres qui voilaient sa conscience.
Il se battit pour ouvrir les yeux et vit, devant les armes qu'il avait arrangées au sol, les lames de deux épées, l'une sombre et l'autre claire pendre de la taille d'un homme.
Levant péniblement les yeux, aveuglé par la lumière du soleil derrière l'intrus qui le dérangeait dans sa lente agonie, le sorcier vit le visage accablé mais bien vivant d'Ishar qui tenait à la main le doigt de Selune, son orbe brillant paisiblement au bout du baton gravé de runes... 
Par Flagg - Publié dans : Légendes
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Mardi 28 juillet 2009 2 28 /07 /Juil /2009 20:30
Moins de deux heures après leur combat dans la ruelle, les trois compagnons se trouvaient sur les quais du district industriel, cherchant parmi les pêcheurs et les marins la source de la mousse qu'ils avaient trouvée. Le port était particulièrement actif en début de soirée. Les dockers en mettaient un coup pour terminer de rentrer la cargaison dans les cales, les pêcheurs rentrés de leur journée en mer, rangeaient leurs filets et leurs poissons. Des enfants courraient de ci de là, excités par l'animation et l'ambiance du port. Parmi la flottille de bateaux de marchandise et de voyage, les plus grands d'entre eux appartenaient aux îliens, des hommes grands et imposants. La plupart d'entre eux courraient pieds nus et torses-nus, exposant leurs nombreux tatouages aux formes souvent indéfinissables. Ils étaient un peuple relativement peu apprécié par la population à cause de leurs manières hautaines et réservées mais faisaient un excellent partenaire commercial pour la ville qui les fournissait en or rouge provenant de la mine de Lazarre, un minerai inconnu dans les îles, en échange de nombreux objets d'art et utilitaires pour lesquels ils avaient une grande maîtrise.
Le soleil s'était couché et le ciel commençait à prendre cette teinte violette propre aux crépuscules tropicaux. Les allumeurs de lampadaires étaient déjà occupés à éclairer les quais, commençant toujours leurs rondes par cette partie du district, où la lumière était nécessaire plus tôt pour le travail et la sécurité.
Après une petite demi heure à chercher chacun de son côté, Ambre reçu enfin une indication et retrouva les deux autres.
  "Je crois que j'ai trouvé!" leur expliqua t'elle toute excitée. "Vous voyez ce petit voilier au bout de l'estacade?"
Cadsuane et Heian se retournèrent vers la direction que pointait Ambre et virent effectivement un petit voilier de 5 ou 6 mètres avec un pêcheur occupé à décharger sa cargaison dans des tonneaux de sel, un jeune garçon l'aidant dans sa tâche.
  "On m'a dit qu'il pêchait toujours près des falaises et qu'il connaissait vraiment bien les plantes marines. Si un gars peut nous aider, ça peut être lui."
  "Allons voir alors." proposa Cadsuane.
Tous trois remontèrent alors l'estacade jusqu'au voilier.
  "Bonsoir, mon brave." interpella Ambre en arrivant à hauteur du bateau. "Etes-vous bien le pêcheur Jarod?"
L'homme se retourna. Entre deux âges et excessivement bien coiffé pour un marin, il avait des mouvements délicats et calculés. Ses yeux s'arrêtèrent directement sur Heian qui recula doucement d'un pas, mal à l'aise.
  "Et qui le demande?" demanda t'il d'une petite voix maniérée.
  "On nous a dit que vous connaissiez les falaises et leur flore et nous aurions besoin de quelques renseignements à propos d'une plante..."
Jarod sauta alors sur le quai d'un mouvement presque gracieux comparés aux gestes brusques habituels des marins. Il se rapprocha du petit groupe tandis qu'Heian, de plus en plus mal à l'aise sous le regard insistant et souriant du pêcheur, reculait encore d'un pas. Cadsuane et Ambre ne pouvaient s'empêcher de sourire devant la scène.
  "Je vous écoute, mes amis..." leur dit le marin en glissant insensiblement vers Heian.
  "Voilà, nous avons trouvé cette mousse et nous aurions besoin de savoir d'où exactement elle pourrait venir." lui expliqua Cadsuane en lui montrant la petite boule de mousse brunâtre qu'elle tenait en main.
Jarod la prit et l'observa quelques secondes.
  "C'est une mousse pas très courante, on peut s'en servir pour filtrer l'eau de mer ou en faire un petit hallucinogène mais sa propriété vraiment intéressante est qu'elle ne pousse que dans les grottes marines où elle dégage une lueur verdâtre en permanence."
  "Et tu sais où il y en a dans le coin?" demanda Heian en se rapprochant.
Jarod se tourna vers lui et posa sa main sur le bras du guerrier.
  "Bien sûr, mon loulou!"
Heian sursauta et fit un écart tandis que Cadsuane et Ambre ne purent retenir un léger gloussement.
  "Vous pourriez nous emmener dans les endroits où elles poussent?" demanda Cadsuane, attirant l'attention du pêcheur.
Heian prit une mine affolée pendant un instant.
  "Avec plaisir, mais pas ce soir, la nuit est déjà tombée et j'ai une pêche à rentrer."
  "C'est pas grave, on va trouver quelqu'un d'autre!" s'interposa le guerrier.
  "Non! On n'a pas le temps!" dit Ambre. "Nous vous payerons, Jarod. 5 pièces d'or pour nous emmener dans une des grottes accessibles."
  "5 pièces d'or? Mais vous savez, il fait nuit, je n'ai pas d'équipage et j'imagine qu'il faudra vous attendre..."
  "10 pièces d'or!" dit Cadsuane. "5 à l'avance"
De son côté, Heian espérait que cette négociation tournerait court et qu'ils éviteraient le pêcheur.
  "Et vous viendriez tous les trois?" demanda Jarod en lançant un regard presque gourmand au guerrier.
  "Oui, bien sûr!" répondit Ambre.
  "Alors, ça va. Je pense que je sais dans quelle grotte vous emmener. Mais il nous faut nous dépêcher parce que la marée ne nous attendra pas et sortir de la baie de nuit est assez difficile sans risquer de se retrouver échoué."
Jarod donna alors ses instructions au jeune garçon pour rentrer la cargaison et ils embarquèrent. De ses gestes maniérés, le pêcheur mena alors son petit bateau vers la sortie de la baie. Il leur expliqua les protocoles de navigation dans les environs d'Emerylonn et leur demanda d'allumer quelques lanternes aux extrémités du bateau quand ils passèrent sous le pont de Shar, encore éclairés par les énormes globes lumineux incrustés dans les piliers. Ils entrèrent alors en pleine mer où les vagues n'avaient pas encore perdu de leurs puissance et ballotaient le petit navire. Tous trois se sentaient légèrement nauséeux mais Jarod, très à l'aise malgré la nuit, semblait diriger son bateau de main de maitre.
  "Il y a une grotte à 1/2 heure d'ici." cria t'il pour couvrir le bruit des vagues "Personne n'y va plus depuis que le commerce de mousse a perdu d'intérêt avec l'arrivée des désalinateur de Mulhorrand mais c'est probablement la grotte la plus accessible du bord de mer."
  Après une demi heure de navigation, ils arrivèrent effectivement devant une petite grotte. L'entrée devait faire dans les 3 ou 4 mètres de haut et de large dans laquelle s'engouffraient les vagues qui explosaient sur les pics rocheux et les parois de la grotte.
  "Je ne peux pas m'approcher plus près. Si vous voulez vraiment y aller, il va vous falloir nager!"
Les 3 compagnons se regardèrent avant d'acquiésser.
  "Les vagues ont un rythme régulier et le couloir semble faire une coude, il faudra en profiter si on veut éviter de se faire écraser contre les parois." dit Ambre en observant l'entrée.
  "La mer est fort agitée, tout de même.." fit remarquer Cadsuane.
  "Pas le choix..." dit Heian.
Tandis que Jarod jettait l'ancre, tous trois, se débarassant de leur équipement non nécessaire se préparèrent à sauter à l'eau.
  "Tu devrait enlever cette armure pour nager, mon loulou!" dit le pêcheur en se rapprochant d'Heian.
Le guerrier, se recula puis, d'un bond, sauta par dessus bord, nageant de toutes ses forces vers l'entrée de la grotte. Les deux filles sautèrent derrière lui. Tous trois sentirent cruellement la piqure du sel dans leurs blessures encore toutes récentes mais nagèrent de toutes leurs forces.
Heian arriva en premier à l'entrée de la grotte. Le fracas des vagues sur la roche était assourdissant, éclatant en un nuage de gouttelettes. Il avait très peu de temps entre deux vagues pour se réfugier à l'abri du coude fait par le couloir. Profitant d'une petite vague qui coupa le reflux de la grande qui venait de s'écraser dans la grotte, il nagea le plus vite qu'il le put. Alors qu'il n'était encore qu'à mi chemin de la sécurité du rocher, il sentit le léger reflux créé devant les vagues le tirer vers l'arrière : la vague suivante allait s'écraser d'une seconde à l'autre! Poussant vers la paroi de droite à l'entrée de la grotte, il parvint à aggriper une crevasse dans le mur au moment où la vague fondait sur lui. Sa prise lui imprima un mouvement de rotation qui l'envoya non plus dans la trajectoire de la vague mais juste derrière le coin du couloir, la tête sous l'eau et une bonne gorgée d'eau de mer au fond des poumons mais intact.
Derrière lui, les deux filles avaient plus de mal. Elles attendirent deux secondes de trop après le passage d'une grosse vague avant de se jeter dans le passage. Aussi, quand le léger reflux les repoussa vers l'arrière, elles n'étaient pas assez loin pour pénétrer dans la caverne mais trop avancées pour éviter d'être emportées par la vague contre les parois de la falaise... La vague les frappa de toute sa force, elles s'attrapèrent par les mains et tinrent bon quand elles commencèrent à rouler sous l'eau, se rapprochant à toute vitesse du mur de roc... Quand une main puissante attrapa celle d'Ambre qui dépassa de l'eau pendant une fraction de seconde! Heian, accroché d'un bras à un petit piton rocheux juste sous la surface, ses muscles contractés avec la force du désespoir autour du mince cailloux qui l'empêchait d'être emporté avec ses compagnes. Cadsuane, en bout de chaine, trop légère pour résister efficacement à la force de la vague, frappa légèrement la paroi d'une de ses jambes qui, pendant un instant, perdit toute sensation. Ambre sentit ses articulations douloureusement étirée entre la force de la mer et celle du guerrier jusqu'à ce que la vague se retire, leur permettant à tous trois de nager rapidement vers l'intérieur de la grotte.
Sur le bateau, Jarod se laissa tomber assis, poussant un soupir de soulagement en murmurant "Quel homme...", se passant rêveusement un doigt sur les lèvres...

Ils nagèrent quelques dizaines de mètres dans le couloir, jusqu'à être tout à fait hors de portée de l'influence des vagues, pour se reposer contre un affleurement rocheux. Sur toutes les parois brillaient légèrement d'une lumière verdâtre la même mousse qu'ils avaient trouvée...
   "Merci..." dit Cadsuane, ses grands yeux fatigués sur Heian, s'appuyant sur la paroi pour soulager l'effort qu'elle imposait à sa jambe blessée.
  "Allons-y. Il y a une barque là-bas au bout, c'est surement la bonne grotte..."
Tous trois se remirent à nager jusqu'à atteindre la petite barque, arrimée à un rocher où le couloir qu'ils suivaient montait en pente douce hors de l'eau.
  "Soyons discrets maintenant!" Murmura Ambre, "Le bruit des vagues ne nous couvre plus..."
Ils sortirent de l'eau précautionneusement, toutes leurs blessures les brûlaient et Cadsuane boitait encore légèrement du coup infligé à sa jambe. Dans la grotte, la douceur de l'air ne pénétrait pas et ils auraient grelotté de froid si la tension  nerveuse n'était pas si forte. Tous trois sortirent leurs armes et Cadsuane prit les devant, marchant prudemment, vérifiant chacun de ses pas pour éviter de glisser sur les pierres humides.
Le couloir montait en pente plus raide par après, une série d'éboulis formant pratiquement un escalier naturel dans la grotte. Soudain, à un palier, Cadsuane s'arrêta subitement, se faisant emboutir par Ambre qui la suivait de trop près, qui elle-même se ft emboutir par Heian. Il s'en fallu de peu qu'ils ne perdent tous trois l'équilibre dans les rochers.
  "Qu'est ce qui te prend?" souffla Heian d'un ton fâché.
  "Regardez le plafond!" répondit-elle en désignant la roche au dessus d'eux, un peu en avant.
D'abord, les autres ne virent rien puis, en se concentrant quelque peu, Ambre repéra comme un tremblement de la roche.
   "C'est une illusion!" murmura t'elle. "Que cache t'elle?"
Cadsuane avait ramassé une pierre entre temps et la jeta devant elle. Avant que la pierre ne touche le sol, un liquide verdâtre tomba du plafond, à travers la paroi illusoire et asperga la pierre et les rochers en dessous. Quand le projectile atteignit le sol, il se brisa en de petits fragments qui fondirent rapidement. La roche touchée par l'acide subit le même sort et une odeur piquante leur emplit les narines.
  "Bien vu, petite!" dit Heian.
Cadsuane sourit, lança une deuxième pierre au cas où et, quand elle vit que rien ne se passait, reprit l'ascencion de l'escalier naturel. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent à un palier dont le sol était boueux et suivait la direction générale du couloir sur quelques dizaines de mètres avant de remonter en pente forte au bout.
  "Regardez le sol..." fit remarquer Ambre.
Ils virent que la boue  était constellée de traces de pas allant dans les deux directions du couloir mais, arrivée au pied de l'éboulis suivant, où les parois s'élargissaient fortement pour quelques mètres, elles s'écartaient du centre du couloir et passaient le long des murs.
  "Je crois qu'on ferait bien d'éviter le centre du couloir là-bas..." murmura Cadsuane.
Ils s'approchèrent de l'endroit où la piste quittait la ligne droite et Heian jetta une pierre au centre du couloir. Celle-ci passa directement à travers le sol et disparut avant de rebondir sur des obstacles invisibles plus bas. Précautionneusement, ils passèrent sur le côté quand Heian leur fit signe de s'arrêter : il entendait quelqu'un plus haut.
Cadsuane leur fit signe d'attendre en bas de l'escalier et ils se postèrent de part et d'autre du trou caché aux pieds de la dernière marche. Plus silencieuse qu'un chat, la jeune halfelin grimpa de pierre en pierre. Après quelques mètres, elle arriva à un coude éclairé par la lueur d'un feu. Elle passa discrètement sa tête sur le côté et vit une salle circulaire de taille moyenne au centre de laquelle trois hommes buvaient à la bouteille et parlant calmement autour d'un feu dont la fumée s'échappait par un faille dans le mur opposé. Une lourde porte de bois fermée coupait le mur latéral. Cadsuane descendit les éboulis pour avertir ses compagnons mais, en descendant, une pierre roula sous ses pieds...
Le flot de conversation dans la salle s'arrêta au bruit du caillou qui roulait de pierre en pierre jusqu'à tomber à travers le sol entre Heian et Cadsuane. Ces deux-ci se cachèrent immédiatement plus loin dans leurs recoins et Cadsuane, entendant les hommes se lever et un bruit de lame tirée, se plaqua immédiatement dans une petite crevasse noire dans la paroi, espérant passer inaperçue.
  "Tu l'as entendu aussi, non?" demanda une voix bourrue.
  "Ouais, vas-y, je te suis." répondit une autre.
Cadsuane vit une première paire de jambes passer juste devant ses yeux. N'osant même respirer, elle attendit que le deuxième homme la dépasse également.
  "Y'a rien i..." commença le premier homme quand il eut atteint le bas des marches. Mais il n'eut pas le temps de finir qu'une main le saisissait au poignet et le tirait en avant.
L'homme essaya de se rattraper maisil trébucha sur une pierre au même moment et, perdant tout à fait l'équilibre, bascula tête la première à travers le sol illusoire, poussant un grand cri de frayeur qui s'arrêta brusquement avec un bruit d'os brisés.
Le deuxième homme qui était resté quelques marches plus haut ne pensa pas à aller voir comment se portait son compagnon et se retourna immédiatement, comptant avertir le dernier resté en haut mais, devant lui, se trouvait déjà Cadsuane qui se jeta de tout son poids sur les jambes de l'homme, l'emportant au sol avec elle. Il tomba sur son dos et roula dans l'escalier. Cadsuane se retint à une pierre pour arrêter sa chute mais il n'eut pas cette occasion et tomba lui aussi en un grand cri dans le piège au bas des marches...
  "Qu'est ce que c'est que..." s'écria une voix au coude que faisait le couloir, plus haut.
Le dernier contrebandier, entendant les cris de ses compagnons s'était précipité à leur secours et avait déboulé au moment où Ambre et Heian sortaient de leurs cachettes.
  "Vite!" s'écria Heian en grimpant quatre à quatre les rochers des éboulis, dépassant déjà Cadsuane quand le contrebandier se retourna pour s'enfuir. Les deux femmes lui emboitèrent le pas, tentant de rattraper le fuyard avant qu'il aie le temps d'avertir quelqu'un d'autre. 
L'homme arriva en haut des éboulis en premier et se rua sur la grande porte en chêne et s'échina à l'ouvrir en criant mais le stress de la situation fit glisser la poignée dans sa main moite et tremblante. Alors qu'il tentait de l'ouvrir une seconde fois, Heian, qui était arrivé dans la salle entre temps, attrapa le premier objet qu'il trouva, une bouteille d'alcool posée sur une caisse à l'entrée de la pièce, et la jeta de toutes ses forces vers l'homme. La bouteille manqua sa cible de peu mais éclata sur la porte, envoyant de grandes éclaboussures d'alcool fort qui brûlèrent les yeux du contrebandier. Celui-ci se mit à hurler de douleur, tenant son visage à deux mains.
Ambre et Cadsuane arrivèrent en haut des marches à ce moment, alors que la porte s'ouvrait sur un homme pieds nus couvert de tatouages.
Juste derrière lui se trouvait trois autres hommes du même acabit. Les deux groupes restèrent à se regarder, pris de stupeur pendant un instant, avant de réagir. Puis, tout se passa très vite, Ambre et Heian coururent vers leurs adversaires, tentant de les garder dans l'encadrure de la porte, limitant par là leurs libertés de mouvement alors que Cadsuane courait vers le feu. Les contrebandiers, épées au clair tentèrent de se ruer vers les intrus mais seul les deux premiers réussirent à passer la porte avant que les aventuriers ne les rejoignent en hurlant.
Heian tenta de porter un coup mortel à son adversaire mais, s'y attendant, celui-ci le para facilement et riposta d'un violent revers du poing dans le visage du guerrier qui vacilla sous le choc.
Ambre, elle, eut plus de retenue et attendit que son adversaire prenne l'initiative, le voyant gêné par son compagnon qui combattait à ses côtés et le mur de la salle derrière lui. Alors qu'il levait son épée, se préparant à frapper la jeune femme à la tête, Ambre, d'un mouvement incroyablement rapide, envoya son pied droit dans les parties de l'homme qui perdit du coup toute force, laissant à Ambre l'opportunité de lancer un coup de poing vers la gorge de l'attaquant. Mais, au dernier moment, elle dût retenir son coup pour éviter la lame de l'opposant d'Heian qui venait de le manquer d'un grand coup latéral qui aurait pu la toucher sur sa fin de trajectoire.
Heian profita de l'ouverture créée par ce coup manqué pour frapper de la pointe de sa lame dans le ventre de son adversaire. L'épée traversa la peau nue de l'îlien qui hurla de douleur alors que son propre sang éclaboussait ses pieds.
A ce moment, la voix de Cadsuane retentit derrière eux : 
  "Ecartez vous!"
Faisant confiance à leur compagne, les deux combattants se jetèrent en arrière au moment où une bouteille éclata sur la roche, juste au dessus de la porte, aspergeant de liquide les deux hommes blessés qui avaient passé l'encadrement. 
Ambre eut le temps de voir l'homme qu'elle avait frappé lever les yeux vers elle quand un tison enflammé vola au dessus d'elle et tomba dans la flaque d'alcool qui s'enflamma instantanément. Les deux hommes prirent feu également, hurlant et se débattant pour éteindre les flammes mortelles qui avaient pris sur leurs vêtements. Heian éclata de rire devant le spectacle, tant et si bien qu'il n'entendit que trop tard le cri de Cadsuane :
  "Attention!"
au moment où une douleur fulgurante explosa sur son omoplate. Il se retourna juste à temps pour voir le premier homme, les yeux rougis par l'alcool qui y avait coulé, le visage déformé par un rictus de haine avant que ses yeux ne s'agrandissent de surprise sous le coup de la dague de la petite halfelin entre ses côtes. Ambre se jeta alors à ses côtés, frappa l'homme d'un formidable coup de poing au visage qui le fit se retourner suffisemment pour qu'elle puisse se jeter contre son dos, attrapant la tête en ses mains et la faisant tourner d'un coup sec. L'homme s'effondra au sol, inerte.
  "Ca va?" demanda t'elle à Heian en se retournant vers lui.
Le guerrier hésita une seconde avant de répondre : 
  "J'ai déjà été mieux..."
  "Tiens le coup" enchaîna Cadsuane, "les deux autres ont fui vers le fond de ce couloir, derrière la porte, il ne faut pas qu'ils s'échappe où on ne les retrouvera pas!"
Elles coururent vers la porte où les deux brûlés agonisaient en hurlant, se roulant au sol pour éteindre les flammes sans succès. D'un bond léger à travers le cercle de feu formé par l'alcool qui avait coulé le long du mur et sur les deux hommes, elles atterirent dans le couloir beaucoup plus sombre après la lumière éclatante du feu. Derrière elle, les hurlements s'arrêtèrent sèchement quand Heian transperça de son épée les malheureux.
Elles avancèrent prudemment vers le fond du couloir qui semblait donner sur une autre grande salle éclairée dun feu elle aussi. Elles continuèrent jusqu'à la salle, Ambre en tête mais, alors qu'elles entraient dans la pièce, elles se rendirent compte que personne ne s'y trouvait alors qu'aucune issue ne semblait s'y trouver.
  "Où sont ils?" murmura Ambre, longeant les murs, redoutant un piège.
  "Je ne sais pas... Comment ont-ils pu sortir sans qu'on les voie?" répondit Cadsuane.
Ambre se souvint soudain:
  "Les pièges, Cadsuane! Les murs illusoires! Ecarte toi des murs!" 
Ses réflexes lui sauvèrent la vie car, au moment où elle s'écartait du mur, une lame passa à travers la roche, faisant vibrer l'illusion qu'elle était et la frappa au flanc, lui arrachant un cri, là où se trouvait son coeur une fraction de seconde plus tôt. Les deux hommes passèrent à travers le mur et se jetèrent sur elle. Avec sa blessure douloureuse qui, comme pour Heian, s'ajoutait à celles du combat précédent, elle eut toutes les peines du monde à éviter les coup suivants qui se succédèrent à un rythme infernal. Par bonheur, Cadsuane, d'une grosse pierre bien placée sur le crâne d'un des attaquants, les distraya suffisemment longtemps pour qu'elle aie le temps d'attraper le poignet du deuxième homme et le lui tordre, le faisant perdre son arme. Le deuxième homme se retourna pour la frapper de son épée mais elle eut le temps de se jeter de côté pour l'éviter. Cadsuane arriva alors dans le combat, tentant de frapper l'homme armé, tout en évitant les grands coups de lame qui l'auraient tuée immédiatement. Ambre n'eut alors aucune peine à se débarasser de l'homme désarmé, lui décochant coup après coup sur tous les points sensibles qu'elle connaissait. Elle ne prit pas le temps de le terminer avant de sauter au secours de son amie et, quelques instants plus tard, le dernier homme tombait sous les coups de couteau et de poing répétés des deux jeunes femmes...
  "Tu crois que c'est terminé?" demanda Cadsuane, haletante.
  "Je ne sais p..." commença Ambre, une main posée sur son flanc douloureux. Mais elle s'arrêta en voyant un grand homme jaillir d'un mur dans le couloir, leur jeter un seul sourire sarcastique avant de se jeter à travers le brasier de la porte. 
Les deux compagnes coururent à sa poursuite. Quand elles passèrent à travers les flammes, elles virent Heian, couché au sol dans une flaque de sang, le corps tremblant du dernier homme roulant doucement sur le dos à ses côtés, dévoilant l'épée du guerrier transperçant de part en part son corps.
L'homme était grand, avait un regard indubitablement mauvais et tous les traits caractéristiques des îliens. Un grand tatouage d'un cercle noir ornait son torse. Il leva des yeux étonnament alerte vers les trois compagnons alors qu'Heian se redressait et, une bulle de sang éclatant entre ses lèvres, il dit:
  "Rigor vous fera... payer..." avant que son regard ne se fixe à jamais...
Ils restèrent silencieux quelques instants, récupérant du combat infernal qu'ils venaient de mener. Puis, Cadsuane commença à fouiller la pièce, bientôt suivie par Ambre, cherchant n'importe quoi pour aider Heian qui s'était laissé retomber au sol, ses blessures saignant abondament. 
  "Regarde ça!" s'exclama t'elle en sortant une petite boite contenant de petites fioles de liquide rosâtre. "Il y a un mot : 'Comme promis, en paiement, ces 6 potions de régénérescence' et c'est signé 'Magnus'.  Bois ça! Vite!"
Elle vida le contenu d'une fiole entre les lèvres sanglantes d'Heian et ils observèrent, ébahis, toutes les plaies du guerrier se refermer, ne laissant que de fines cicatrices, la couleur revenant à son visage et un éclat dans les yeux.
Heian ne dit rien pendant un moment puis:
  "Je trouve que je devrais avoir toutes ces fioles pour avoir terminé le chef de la bande."
  "Tu rêves, crétin!" lui lança Ambre, soulagée de voir son état s'améliorer.
  "Allons fouiller les couloirs cachés." dit Cadsuane, "on aura peut être encore de belles surprises..."

En guise de surprise, les trois compagnons trouvèrent un petit laboratoire servant de toute évidence à fabriquer de grandes quantités de skooma ainsi qu'une série d'ingrédients inconnus et de fioles vides ou remplies. Le reste de l'équipement se limitait à quelques armes et des vêtements ainsi qu'un petit coffret que Cadsuane distingua, ce qui lui valu une méchante cicatrice autour de la gorge causée par une créature familière des souterrains : un étrangleur qui s'était acoquinné avec les brigands et tenta de se débarasser de la petite halfelin qui paraissait une proie raisonnable. Ambre et Heian arrivèrent et ils eurent tôt fait de se débarasser de la créature, qui laissa à Cadsuane sa blessure principale de ce combat (si on oubliait sa jambe encore douloureuse de l'entrée dans la grotte). 
Le coffret contenait quelques pierres précieuses, paiement des dealers de skooma à leurs fournisseurs, qu'ils se partagèrent et après avoir brûlé et détruit tous les éléments du laboratoire et les corps des contrebandiers, ils s'en allèrent, utilisant la barque pour retourner au bâteau de Jarod qui les avait fidèlement attendu. En échange de sa discrétion sur leur expédition ici et l'état dans lequel ils en étaient sortis, ils lui offrirent la barque et doublèrent sa paie. Le marin ne leur posa pas une seule question durant tout le voyage de retour, si ce n'était pour s'enquérir de l'état de santé d'Heian qui s'était réfugié le plus loin possible de l'inquiétant pêcheur, scrutant la nuit dans l'espoir de voir se rapprocher les luminaires des ponts d'Emerylonn plus rapidement.
Tous trois méritaient un bon repos et une bonne paie de la part de Menak, en remerciement de la mission remplie à leur sens, en toute discrétion.
Mais dans leurs têtes se posaient déjà d'autres questions : qui était ce Magnus qui semblait traiter différemment de la plupart des dealers? Et qui était ce Rigor qu'avait mentionné le chef des contrebandiers? 

Quelles conséquences allaient avoir leurs actions, une fois encore?
Par Flagg - Publié dans : Meurtre et Contrebande
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Dimanche 19 juillet 2009 7 19 /07 /Juil /2009 15:10
Cassius venait d'arriver devant la maison des îliens. Son bras en écharpe lui lançait encore des piques de douleur à chacun de ses mouvements mais Helaine avait fait un bon travail et la plaie avait l'air saine. Encore une fois, il hésita à frapper à la porte. Qu'allait-il se passer? Comment allait réagir l'îlien? 
  "Comme j'aurais voulu ne jamais m'embarquer dans toute cette histoire..." pensa t'il, comme il l'avait déjà fait durant tout le trajet depuis chez lui. Mais il savait que la vente de drogue l'avait sorti d'une bien mauvaise passe voilà déjà plus d'un an et que, depuis, sa situation n'avait fait que s'améliorer. Helaine et lui étaient heureux et avaient enfin eu la petite fille qu'ils espéraient depuis si longtemps, comblant leur bonheur.
Peut être aurait il dû demander son avis à Helaine à l'époque... Ou lui en parler depuis. Elle ne l'avait jamais questionné sur ses activités du soir, supposant probablement qu'il allait boire un verre dans une taverne avec des amis...
  "S'ils le cherchaient, c'est pour une bonne raison", raisonna t'il tout bas, les yeux fixés au sol. "Mais est-ce qu'ils voulaient s'en débarasser ou faire affaire avec?"
   "S'ils devaient faire avec, ils auraient probablement eut plus facile à les retrouver, ils seraient déjà dans ce milieu..." pensa t'il.
Cette dernière pensée lui parut tout à coup très logique et il fût soudain persuadé que ses agresseurs de la veille ne voulaient pas du bien à l'îlien et son business. Les inconnus lui apparurent alors sous un autre jour et la question qui l'inquiétait : devait il prévenir ou non son dealer qu'il était recherché prit tout à coup plus de profondeur. Si les étrangers s'y attaquaient et perdaient leur combat, l'îlien leur ferait avouer qui avait été leur source. Et il savait récupérer des réponses... Mais si jamais Cassius les dénonçait maintenant, il leur enlevait des chances...
Cassius retourna son raisonnement dans tous les sens jusqu'à parvenir à la conclusion qu'il vallait mieux ne rien dévoiler à l'îlien.
Il allait s'en aller quand la porte devant laquelle il se tenait s'ouvrit en grand sur un homme au regard dur, au crâne entièrement rasé.
   "Entre!" lui ordonna t'il.
   "Non, j'allais partir en fait..." commença t'il avant de s'arrêter sous le regard menaçant de l'homme, un des gardes du corps de l'îlien.
Cassius entra alors dans la petite maison, laissant la ruelle déserte derrière lui...
   "Alors Cassius," l'acceuilli l'îlien, un homme grand et imposant, pieds nus à l'abris des regards et son tatouage (un grand cercle noir au milieu du torse) visible par sa chemise ouverte, "qu'est ce qui te fais venir nous voir à deux semaines de ton ravitaillement? Et pourquoi avoir attendu si longtemps devant ma porte?" continua t'il en se levant de sa chaise à la table où il mangeait.
Cassius se recroquevilla sur lui-même et hésita à répondre...
   "Qu'est ce que tu me caches, Cassius?" continua l'îlien en s'approchant de lui,sa voix devenant menaçante, sa masse imposante remplissant tout son champ de vision.
Cassius perdit alors tout courage et lui dit tout.  Il lui parlat des étrangers qui l'avaient agressé la veille et de leurs questions...
   "Et tu leur a dit..." rétorqua l'îlien quand il eut terminé, aucune trace d'interrogation dans la voix.
   "Je n'avais pas le choix, ils m'auraient tué! Et je suis venu vous prévenir! Ils... Ils vous auraient trouvés de toute façon, j'en suis s..."
L'îlien l'arrêta en levant la main sèchement. Cassius, déjà effrayé, regarda autour de lui, cherchant une issue, une aide quelconque, mais les regards noirs des hommes de l'îlien ne lui offrirent aucun réconfort.
   "Tu as bien fait, Cassius, rentre chez toi maintenant, retrouve ta charmante épouse."
Cassius ne pouvait en croire ses oreilles ou sa chance mais ne voulut pas laisser passer l'occasion et se précipita vers la porte. Au moment où il posa la main sur la poignée, une douleur explosa entre ses omoplates. Il tenta de masser le point d'où irradiait la douleur mais son bras en écharpe ne lui répondait plus et il sentait que ses jambes se dérobait sous son poids également...
Alors qu'il tombait à genoux, la dernière image qui lui traversa l'esprit fût celle d'Helaine et de leur fille, dans la cuisine de leur maison... Ils devraient vraiment lui trouver un nom, pensa t'il : elle avait presque 6 mois... 

L'îlien s'approcha du corps de Cassius et arracha son poignard du dos de sa victime avant de l'essuyer sur son long manteau.
   "Virez-moi cette raclure et revenez ici tout de suite, nous avons de la visite, ce soir..."


Le soleil allait se coucher et le crépuscule donnait une lueur orangée aux toits de la ville. Le nuage de vapeur causé par la chute brillait également de milliers d'étoiles. Les rues étaient remplies par les gens terminant leurs journée de travail ou profitant des derniers rayons de soleil de la journée. A l'entrée de la ruelle, Cadsuane, Ambre et Heian ne voyaient rien de tout ça. Ils avaient trouvé la maison que leur avait indiqué Cassius et l'endroit était fort isolé. 
  "Allez, on y va, on entre, on casse tout et on sort : mission terminée, piècettes empochées! Qu'est ce que vous en pensez?" demanda Heian tout bas.
  "On devrait attendre un peu," répondit Cadsuane, prudente "observer les environs..."
  "Quoi, comme avec le dealer? Alors, je vais pieuter chez Menak, j'ai bien 3-4 jours avant qu'il ne se passe quelque chose!" rétorqua le guerrier.
  "Il a pas tort, allons-y, réglons ça..." intervint Ambre.
  "Je savais que t'étais amoureuse de moi, rouquine!" lança Heian avec un sourire bêta.
Avant qu'elle ou Cadsuane aie eu le temps de répondre, il sortit du coin d'ombre dans lequel ils se cachaient tous les trois et se dirigea vers la maison, sortant son épée. Ambre soupira et le suivit directement. Cadsuane, inquiète, suivit dans les ombres de l'auvent et des barils de récupération d'eau de pluie le long des murs.
Arrivé devant la maison, Heian s'approcha d'une fenêtre pour y regarder mais la porte s'ouvrit immédiatement et deux hommes en sortirent. Au même moment, de l'autre côté de la rue, une autre porte s'ouvrit et deux autres homme sortirent de cette maison-là également. Tous étaient armés d'épées longues ou courtes. Heian et Ambre se retournèrent pour se diriger rapidement vers la sortie de la ruelle mais les hommes avaient déjà prévu leur mouvement et s'étaient placés de telle sorte que tout retraite devait passer entre eux.
  "Le boss a dit qu'ils étaient trois, faites gaffe!" lança le plus grand des quatres aux autres sans quitter Heian des yeux.
  "Bon, je suppose qu'on ne réglera pas tout ça calmement..." dit Heian sur le ton de la conversation malgré l'adrénaline qui commençait à pulser dans ses veines "Tant mieux..."
Le premier coup vint néanmoins d'ambre que les quatres hommes semblaient ne pas compter comme une réelle menace.  La jeune femme se jeta vers l'un des agresseurs qui barrait leur unique échappatoire et, d'un revers de la main, écarta le bras armé tout en tournant sur elle-même, son coude allant s'écraser sur le nez de l'homme qui se brisa avec un craquement sonore. Le cri de douleur qui retentit alors déclencha le combat! Le grand chauve et son compagnon se jetèrent sur Heian, épée au poing. Le guerrier, un sourire inquiétant aux lèvres, attendit le dernier moment pour se jeter de côté, son épée batarde en bouclier devant son torse, se faisant suffisemment dépasser par le deuxième agresseur pour le frapper violemment dans le flanc. L'homme cria, une longue entaille sanguinolente entre ses côtes avant de se retourner pour faire face au guerrier. Le dernier homme s'était lancé vers Ambre et sa lame s'abbatit vers son crâne. Au dernier moment, celle-ci, dans un réflexe qui lui sauva la vie, frappa de la main le plat de la lame qui dévia de sa trajectoire suffisemment pour éviter la tête  mais pas l'épaule d'Ambre. Oubliant la douleur, elle accompagna le mouvement de la lame, réduisant la force de l'impact et, voltant sur elle-même une fois de plus, envoya sa jambe s'abattre sur la tempe de l'homme qui s'effondra au sol. Derrière elle, sa première victime s'était remise du choc et se préparait à enfoncer son épée dans son dos découvert quand le poids d'une enfant tomba sur son dos et, avant qu'il aie eut le temps de s'en débarasser, il sentit l'acier froid d'une lame s'enfoncer dans sa gorge, juste sous la machoire. Il lâcha son épée en tombant à genoux, les deux mains plaquées sur sa gorge. 
De son côté, Heian faisait face à la grande brute chauve qui lui faisait de nouveau face, laissant peut d'espace au premier homme déjà blessé pour frapper tant ses mouvements étaient amples. Heian avait du mal à parer les coups rapides et puissants de son agresseur et parvenait à peine à tenter une attaque infructueuse de temps en temps. Quand, enfin, un coup de la grande épée du chauve glissa sur sa lame, ouvrant une opportunité, Heian se jetta dedans. Hélas, l'homme avait prévu l'attaque et, d'un pas de côté, évita le coup de lame du guerrier qui lui exposa alors son dos. Heian n'eut qu'une fraction de seconde pour se rendre compte de son erreur avant que la lame ne s'abatte lourdement vers lui. Sans réfléchir, il se jeta dans les genoux du géant, le seul endroit accessible hors de portée de la lame meurtrière.
Ambre, elle aussi se trouvait en situation difficile, son adversaire, encore au sol, avait profité d'un instant d'inattention de la jeune femme qui vérifiait comment s'en sortaient ses amis pour frapper de son épée dans la cuisse à portée. Ambre cria en portant la main à sa jambe blessée tandis que l'homme se relevait, plus prudent maintenant qu'il avait vu les capacités de la combattante. Ambre ne lui laissa pas le temps d'attaquer et, s'appuyant sur sa jambe valide, tenta de passer les défenses de l'homme par l'extérieur de la lame mais sans succès...
Cadsuane vit la situation inquiétante dans laquelle se trouvait Heian : la lame avait touché son dos. Son mouvement lui avait probablement sauvé la vie mais il ne se relèverait pas d'un second coup et il était couché aux pieds du géants. Sans réfléchir, elle se jeta en avant, tentant, pour éviter le dernier homme blessé, de passer en roulé-boulé à ses pieds. Ce dernier eut néanmoins le temps de frapper un coup faible qui lacéra le bras de la jeune halfelin. Celle-ci parvint tout de même à se rétablir derrière le géant et, terminant sa roulade avec son poignard dans la main, trancha l'un de ses talons d'achille. Le chauve, manquant de tomber à genoux, hurla de douleur et de rage, se retourna vers la petite forme de Cadsuane mais, avant qu'il aie eut le temps de lever sa lame, s'interrompit tout net, ouvrant de grands yeux incrédules. Il se retourna doucement vers Heian qui s'était relevé, dévoilant son dos tranché d'une longue coupure diagonale. Cadsuane se jeta alors dans son dos, notant du coin de l'oeil le dernier homme qui l'avait blessé se retirer à reculons du combat, son épée glissant de sa main faible, du sang coulant de son flanc. Le chauve tenta de frapper Heian une dernière fois avant que la lame de Cadsuane ne s'enfonce entre les côtes de son dos, cherchant le coeur et que l'épée d'Heian ne s'enfonce sur le côté de son crâne.
L'adversaire d'Ambre également avait vu que l'issue du combat venait de drastiquement tourner en sa défaveur et, oubliant toute prudence, tenta un grand coup d'épée vers la combattante afin de se frayer un chemin de sortie. Ambre évita facilement le coup, poussa légèrement l'homme afin d'être hors de portée de l'épée et abattit le tranchant de sa main sur la gorge de la brute, lui écrasant la trachée et bloquant sa respiration.
  "Où est le dernier?" demanda t'elle vivement à ses deux compagnons.
  "Partit." répondit Cadsuane. "On ne l'aura plus, il doit déjà être sur une des grandes avenues... Comment allez-vous?"
  "La pêche!" répondit Heian en se laissant tomber assit sur les marches de la maison des trafiquants. 
  "Laisse moi voir ça!" exigea Ambre en se rapprochant en boitant du guerrier pour examiner la longue coupure dans son dos.
  "Epouse-moi, Rouquine!" répondit il en riant.
Cadsuane éclata de rire en s'asseyant contre un tonneau, une main posée sur l'estafilade de son épaule. Ambre eut bien de la peine à se retenir de rire quelques secondes avant de s'affaler sur l'escalier entre ses amis. En face d'eux, la dernière des brutes rendait sa dernière respiration en un long râle d'agonie.

Une demi-heure plus tard, ils ressortaient du dédale de ruelles de ce quartier de la ville. Les avenues bien animées, la petite foule de passants, d'enfants courant de ci de là de tint pratiquement aucun compte de leur aspect maquillé par de grands bandages qu'ils avaient trouvés en fouillant la maison.
  "Si on veut les prendre de vitesse, on ferait bien de les retrouver vite!" Leur dit Cadsuane alors qu'ils marchaient tous trois vers une taverne afin de boire quelque chose qui les remettrait en forme.
  "Tu es sûre que cette mousse pousse dans les grottes du bord-de-mer?" demanda Ambre qui tenait au creux de sa main non blessée une poignée de mousse verdâtre. Ils en avaient trouvé un peu partout sur le sol de la maison ainsi que sous les bottes du grand chauve avec quelques pièces d'or et de nombreuses fioles de skooma qu'ils avaient éliminé dans les égouts dès que possible.
  "Tout à fait sûre. Il faut juste qu'on trouve un marin qui nous aidera à trouver d'où exactement vient celle-là" 
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Dimanche 5 juillet 2009 7 05 /07 /Juil /2009 13:40
  "C'est sympa, ici!"
Cadsuane et Ambre se tournèrent vers Heian. Celui-ci, appuyé à un arbre, dévisageait sans honte la femme qui passait le long de l'allée abritée par les frondaisons des saules dans le parc portuaire...
  "Si tu pouvais au moins faire semblant de ne pas nous connaitre quand tu te conduis comme un... guerrier!" lui rétorqua Ambre.
  "Je suis un guerrier, ma belle! Et un homme, de surcroit! Je crois que j'ai plus besoin de te montrer ma grande épée" répondit-il en riant et en caressant la garde de la lame que lui avait offerte Menak.
  "Espèce d'abr..."
  "Attendez! Le voilà!" les coupa Cadsuane qui mangeait une sorte de brochette de caramel qu'elle avait acheté à l'un des marchands ambulants plus tôt dans la soirée.
A tout moment de la journée, le monde qui remplissait les allées aurait probablement masqué leur indiscrétion mais, à cette heure où le soleil venait de se coucher et où seuls les derniers couples d'amoureux, les ivrognes et les prostituées restaient, le spectacle du groupe se tournant comme un seul homme vers une personne ne manqua pas d'attirer son attention...
L'homme se dirigea vers eux. Il était petit, le front dégarni et portait un long manteau qui flottait dans la brise légère du soir.
  "Vous me donnez l'impression de me chercher, mes seigneurs..." leur dit-il d'entrée, les prenant un peu au dépourvu...
Heian fut le premièr à réagir en passant devant ses compagnons.
  "Ouais! Il m'en faut! Vite!"
Heian avait déjà passé beaucoup de temps dans des tavernes logubres et jobs douteux : il savait de quoi avait l'air un drogué en manque...
  "Je vois... Peut être pourrions nous discuter plus au calme par là-bas?" dit il en indiquant un petit pont enjambant un ruisseau artificiel qui serpentait vers la crique.
Ils s'y dirigèrent et, une fois à l'abri des regards, l'homme sortit de son manteau une petite fiole transparente et allongée remplie d'un liquide noir. Il la secoua un moment devant leurs yeux, son visage quelque peu moqueur. 
  "Ce sera deux pièces d'or pour cette fiole de skooma de la plus haute qualité. Si vous en avez besoin de plus..."
  "Deux pièces?" s'écria Ambre. "Deux pièces d'or?"
  "Bien entendu!" répondit le dealer "Le skooma n´est pas facile à trouver et coute très cher à la production, mais si ça ne vous convient pas, vous pouvez toujours chercher ailleurs" continue t'il en reglissant la fiole dans sa poche. Il avait déjà fait face à cette situation de nombreuses fois et savait exactement comment cela allait se terminer : les camés allaient payer pour avoir leur crasse, particulièrement l'homme qui paraissait bien accro, puis il allait partir et continuer sa tournée...
  "Non, non, ça va, je la prend!" S'écria Heian en se précipitant vers l'homme. Il sortit deux pièces de sa poche (comptant bien se les faire rembourser plus tard pour le mal qu'il se donnait pour sa couverture) et empocha la fiole.
   "Un plaisir de faire affaire avec vous!" leur lança l'homme en empochant l'argent qui tinta sur d'autres pièces dans ses poches avant de leur tourner le dos, restant clairement attentif : il ne fallait jamais faire confiance à un dorgué!
Quand le dealer se fût un peu écarté, Cadsuane se tourna vers eux :
  "Et maintenant? Menak nous a chargé de démanteler ce traffic, pas d'en faire partie!"
  "Ca couterait rien d'essayer..." murmura Heian qui avait les yeux fixés sur la petite bouteille au creux de sa main.
  "Jette ça, Tu as entendu ce que Menak a dit : une dose suffit pour devenir accro!" lui lança Ambre.
Le guerrier se retourna vers elle d'un air désinvolte:
  "Je sais... Je comptais pas en prendre! Mais je vois que tu t'en fais pour moi, tu succombes à mon charme, hein?"
Avant qu'Ambre aie le temps de répliquer, Cadsuane les interrompit:
  "Il s'en va, il vient d'en vendre au type là-bas! On devrait le suivre, savoir où il se fournit!"
  "Bonne idée, comme ça, on remontra à la source! Allons-y!" Les emmena Ambre.
Les deux femmes partirent en avant, prenant discrètement la suite du dealer qui se dirigeait vers une rue partant perpendiculairement au parc. Heian resta en arrière quelques secondes de plus, le temps pour lui de glisser au fond d'une de ses bourses la petite fiole, quand il fut sur que ses compagnes ne l'observait pas.
Tous trois suivirent l'homme de loin, laissant autant d'espace entre eux et lui qu'ils l'osèrent, de manière à ne pas le perdre mais à ne pas se faire remarquer. La nuit tombante les aida et ils se glissèrent d'ombre en ombre sans parler : leur homme n'empruntait aucune des grandes avenues qui, à cette heure de la nuit, étaient déjà éclairées par les lampadaires et la lumière de la lune décroissante...Ils suivirent de nombreuses ruelles isolées, attendirent à l'entrée d'impasses parfois lugubres ou près de maisons plus riches. Cadsuane reconnut même un des "clients" de l'homme comme un charpentier de son quartier avec qui son père travaillait parfois sur de plus gros contrats.
Enfin, il leur sembla qu'il avait terminé sa tournée. La soirée était déjà bien avancée et la lune était pratiquement à son zénith quand il referma son manteau contre la fraicheur nocturne et accéléra le pas vers une plus grande rue qui remontait vers le haut du district. Ils le suivirent avec un peu plus de difficulté jusqu'à la place du Hell's Hole, ainsi nommée pour le gouffre sans fond parfaitement circulaire qui la perçait en son centre. Ils le virent alors entrer dans une maison qui faisait le coin d'une des rues principales rayonnant du centre de la place.
  "C'est là qu'il habite!" murmura Ambre.
  "Parfait!" répondit Heian sur un ton de conversation, "on entre, on l'attrape, on le force à nous dire où il se fournit puis on se débarasse de lui et de son stock et on est bon pour la soirée, non?"
Les autres ne trouvèrent pas grand chose à répondre à la technique du guerrier : aussi brutale soit-elle, ils avaient affaire à un dealer d'une drogue causant des ravages dans la ville et ne se sentaient pas appitoyé par le sort qui l'attendait...
  "On va peut être d'abord essayer de savoir à quoi ressemble l'intérieur avant de défoncer la porte. J'ai pas envie qu'il s'enfuie sans qu'on puisse s'y attendre!" Leur dit Ambre.
  "Je vais aller voir l'arrière de la maison, attendez-moi à l'avant." dit Cadsuane avant de partir, silencieuse, vers la petite allée entre deux maisons qui menait probablement à l'arrière de celle de leur homme. Derrière elle, Ambre et Heian allèrent jeter un oeil par la seule fenêtre éclairée du rez de chaussée.
Cadsuane se glissa par dessus un mur et déboucha dans un petit jardin dont la seule issue était la porte qui donnait à l'intérieur de la maison. En regardant par la fenêtre, une simple cuisine obscure bien rangée la rassura sur le manque d'échappatoire de l'homme de ce côté de la maison. Elle repassa le mur et retrouva ses compagnons à l'avant de la maison.
  "Aucune issue derrière, on peut y... Qu'est-ce qu'il y a?" s'interrompit elle en voyant la mine de ses amis.
Ambre lui fit signe de regarder par la fenêtre éclairée sans dire mot. Elle s'en approcha et , restant cachée autant qu'elle pouvait, jeta un oeil à travers la vitre. Leur cible était attablé et mangeait un soupe à la lumière d'une bougie. De grands quartiers de viande salée ou fumée pendaient des plafonds ci et là. Mais, au côté de l'homme, se tenait celle qui était plus que probablement sa femme, un bébé endormi dans ses bras. Elle entendit vaguement les mots de leur discussion avant de rejoindre ses amis : "...il s'est rendormi...".
  "Qu'est ce qu'on fait?" lui demanda Ambre, "Il a une famille, des enfants, on ne peut pas... défoncer sa porte et s'en débarasser..."
  "Pourquoi pas?" demanda Heian, "Ca reste un dealer. Ca reste la mission qu'on nous a confié et pour laquelle on nous paiera!"
  "Pas question!" intervint Cadsuane, "On ne sait pas pourquoi il vend ça. Il est peut être coincé par quelqu'un! Il... je ne sais pas..." s'arrêta t'elle. Dans son esprit flottait l'image d'un homme, les yeux désespérés fixés au sol, perché sur un tabouret avec une corte autour du cou.
  "On va encore le suivre! Il doit bien se réapprovisionner à un moment donné et à ce moment-là, on connaîtra sa source!" annonça Ambre, "Quand on aura éliminé sa source, il aura plus de raison de continuer ce business!"
Tous trois s'accordèrent sur cette idée, même si Heian grommela sur une perte de temps...
C´est ainsi qu´ils se retrouvèrent de nouveau dans le parc le soir suivant; L´homme les reconnut immédiatement et Heian acheta une nouvelle dose de skooma. Ils le suivirent de nouveau, le plus discrètement possible, mais, à la fin de la soirée, ils se retrouvèrent une nouvelle fois devant la maison de leur cible sans plus de renseignements. Ils décidèrent alors de le surveiller la journée également et s´arrangèrent des tours de garde. La journée, la place du Hell´s hole était une des plus fréquentée du district et il était facile d´observer discrètement la maison qui s´avéra etre une boucherie fournissant des viandes de très bonne qualité, très appréciée de ses clients plus fortunés : comme dans beaucoup de villes portuaires, la  viande était considérée comme une nourriture de luxe et n´apparaissait sur la table de beaucoup de familles qu´aux grandes occasions...
A tour de role, ils se relayèrent pour observer les allées et venues dans la boutique et sur la place où de noöbreux marchands passaient avec leurs carrioles ou passants flanaient sans jamais s´approcher du bord du trou noir qui percait la place en son centre, à part pour y déverser de grands paniers d´ordures.
La nuit venue, rien de nouveau ne leur était apparu et ils se postèrent une fois de plus dans le parc, pour prendre en filature le dealer.
Plusieurs jours plus tard, alors qu´ils se retrouvèrent une fois de plus dans le parc au soir, Heian explosa:
  "On va pas le suivre une nuit de plus?Ca fait une semaine qu´on est derrière ce gars sans succès! Attrapons-le, faisons le parler et finissons-en! On perd notre temps comme ca!"
  "Ca me fait mal de le dire, mais il a raison" continua Ambre pour Cadsuane "Finissons-en ce soir. On est pas obligé de le tuer..."
A ce moment, l´homme arriva près du petit ponts où ils avaient pris l´habitude de se rencontrer ces derniers jours.
  "Encore une pour vous?" commeca t´il en se dirigeant vers Heian.
Mais il n´eut pas le temps de terminer sa phrase qu´Heian l´attrapait déjà par le bras et l´envoyait voler contre le muret du pont. L´homme était préparé à ce genre de problème, néanmoins et sa main plongea vers son long manteau pour en ressortir avec un poignars éfilé. La lame partit tout droit vers la gorge d´Heian mais Ambre, plus rapide, attrapa le bras au vol et en tordit le poignet d´un coup sec qui lui fit lacher la dague. L´homme tenta de se dégager mais Heian l´attrapa par le coup et lui plaqua le dos au mur de pierre, en dégainant son épée courte qu´il posa sous le menton du dealer, juste au dessus de sa main.
  "Prenez tout si vous voulez et laissez moi partir! Je peux en ramener plus!" souffla le dealer malgré sa gorge compressée : la promesse de plus de drogue gratuite plairait à n´importe quel camé et celui-ci ne vivrait plus un jour de plus s´il parvenait à s´enfuir et à prévenir l´ilien...
  "Comment t´appelles tu?" demanda Cadsuane, mal à l´aise dans cette situation.
  "Cassius."
  "Qui te fournit en skooma?" continue Ambre.
  "C´est ca que vous voulez?" parvint à dire Cassius, un sourire aux lèvres. "Une source de came pour votre pote drogué? Allez vous faire..." Il n´eut pas l´occasion de terminer sa phrase quand le poigne d´Heian se reserra sur sa pomme d´adam.
  "Réponds!" grogna le guerrier en maintenant sa victime bien fixement au mur.
Cassius commenca à se débattre mais Ambre le calma d´un coup de poing bien placé et il se tint rapidement de nouveau tranquille.
  "Qui te fournit" redemanda Ambre.
  "Répond, Cassius, tout ca ne peut etre que bon pour toi et ta famille!" dit Cadsuane, une peu en arrière et invisble aux yeux du dealer.
A la mention de sa famille, Cassius se raidit:
  "Laissez les tranquilles! Laissez les en dehors de tout ca!" s´écria t´il.
  "Alors dis nous!"
  "Je ne peux pas!"
Heian retira son épée de sa gorge et enfonca deux centimètres de lame dans l´épaule du malheureux qui tenta de crier à travers sa gorge obstruée.
Cadsuane tenta de s´interposer et d´arreter cela mais le mal était déjà fait et cela pourrait bien les mener à la réussite de leur mission...
  "Il me tuera et ma famille avec si je vous parle!"
  "Pas si on s´en occupe avant!" lanca Heian d´un ton menacant.
Il y eut un moment de silence oú Cassius réfléchit aux implications de ce qui lui était demandé. Helaine, sa femme, et leur petite fille étaient menacées désormais par deux groupes différents pensa t´il, ayant mal compris le sens des mots de la jeune halfelin parmi ses agresseurs. Mais s´ils disaient vrai? S´ils parvenaient à éliminer les iliens? Peut etre meme les iliens et ces trois-là s´élimineraient mutuellement, libérant Cassius de tous ses problèmes en une fois...
Heian, qui prit le silence de Cassius pour de l´obstination, fit tourner l´épée dans la plaie, arrachant un autre cri de sa bouche. Il n´était pas déplaisant d´infliger ce traitement à ce salopard, se rendit compte le guerrier, esquissant un sourire mauvais.
  "Je vais parler!" parvint à dire le dealer, arretant le mouvement de la lame dans son épaule.
  "Je vais parler..." répéta t´il. "Ce sont des iliens naturalisés qui me fournissent. Sauf leur chef, il est le seul à retourner encore fréquemment sur le iles."
  "Où peut on les trouver?" demanda Ambre.
  "Dans une petite maison à la limite du quartier des artisans, c´est là qu´ils me fournissent une fois par mois. Je... je vous expliquerai le chemin..."
Dix minutes plus tard, ils le regardèrent partir en courant, tenant son bras blessé pour éviter les mouvements douloureux de son épaule percé. Ils avaient des indications précises sur l´endroit où trouver la source de Cassius. Les iliens seraient dans la maison le lendemain, en fin d´après midi. Eux aussi...
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Dimanche 14 juin 2009 7 14 /06 /Juin /2009 22:27
  "C'est fait!" annonça Fainer en entrant dans la pièce.
Menak se retourna vers les 3 compagnons occupé à terminer leur repas autour d'une table en compagnie de Minas, le muet.
  "Vous pourrez bientôt sortir, mes amis!" leur annonça t'il en souriant, "nous avons trouvé un coupable pour votre 'crime'".
  "Vous avez trouvé le coupable? Comment?" demanda Ambre directement.
  "Pas le coupable. UN coupable" répondit Menak alors que Fainer disparaissait derrière un rideau.
  "Qu'est ce que vous voulez dire?" demanda Cadsuane en se levant de sa chaise, l'air inquiète.
  "La seule manière de nous permettre de circuler de nouveau librement est de faire enlever toutes les images de vous placardées sur les murs de la ville. Et pour cela, il fallait donner une raison à la garde de vous oublier. Le plus simple étant de leur donner un responsable pour le crime dont on vous accuse."
  "Et...?" continua Ambre
  "Et Fainer a trouvé un coupable parfait. Un type du district résidentiel pauvre, connu pour ses bagarres dans les tavernes et qu'on retrouvera en possession de livres du vieux Nirion. La garde ne se posera plus la moindre question."
  "Mais il est innocent! C'est vous et votre bègue là derrière qui ont mis les livres chez eux, n'est ce pas?"
Menak haussa les épaules, peu concerné.
  "Et alors? " demanda Heian en levant pour la première fois la tête de son assiette. "On sera dédouané, c'est bien, non?"
  "Mais espèce d'abruti, ce type n'a rien fait! Il va crever à notre place!"
  "Pas à notre place, Cadsuane!" la coupa Ambre, "A la place du vrai coupable! C'est pas notre faute si ça arrive..."
  "Et si ça peut vous consoler, dites-vous que ce type est tout de même un homme violent et a réellement tué sa femme. C'est un drogué, dépendant du skooma."
Devant leur air incompréhensif, il reprit:
  "C'est une drogue arrivée ici en même temps que les îliens. Elle crée une dépendance à la première dose et le manque rend les gens extrêmement agressifs, voire violents. De plus en plus de gens s'y adonnent ces derniers temps."
  "Quand a lieu la pendaison?" demanda Cadsuane d'un air sévère.

Le lendemain, à l'entrée de la caserne du district noble, une petite foule s'était amassée. Les plus riches avaient l'occasion de s'installer sur des podiums posés aux alentours de la porte principale, la grande majorité des gens restaient dans la rue, se levant sur la pointe des pieds pour mieux voir la macabre représentation. Au dessus du portail de la caserne jaillissait une large poutre autour de laquelle une corde avait été passée. Au bout de la corde se trouvait un homme courtaud, en équilibre sur un haut tabouret instable.
Sur un toit à une rue de là, Cadsuane, Ambre et Heian, protégés des regards par leurs capes aux capuchons rabattus, regardaient, silencieux.
Une femme aux allures de reine s'avança sur un chemin de ronde derrière le mur d'enceinte de la caserne. Le brouhaha de la foule se réduit à un murmure quand elle s'arrêta juste au dessus du malheureux qui fixait le sol, semblant parler pour lui-même. La femme prononça le jugement et la sanction d'une voix monocorde. Les compagnons eurent de la peine à discerner tous les mots à cause de la distance mais pas la mesure de contentement qui se dégageait de son discours...
Ensuite, un soldat s'avança derrière le condamné, lui adressa quelques mots auquel l'homme répondit en hochant la tête. Le soldat s'écarta alors d'un pas et shoota d'un coup sec dans le tabouret. L'homme tomba instantanément et tous entendirent le craquement sec de sa nuque qui se brisa sous le choc, malgré le rugissement de triomphe de la foule.
  "Ces imbéciles ne savent sans doute même pas pourquoi ce pauvre bougre est pendu. Ils sont juste heureux de voir le spectacle." dit Ambre d'un ton morose. "Allons-y..."
  "Ouais, allons-y. On a rien à faire ici." répondit Heian "Allez, ramène-toi, petite!"
  "Allez-y, je vais rester encore un peu. Faites attention sur le retour."
Les deux autres la laissèrent donc seule sur le toit. Elle resta longtemps après que le dernier badaud eut quitté les lieux.

  "Je veux voir la librairie!" exigea Cadsuane.
Elle était rentrée par les égouts, un chemin qu'elle commençait à connaitre par coeur, avant d'aller voir Menak et d'exiger de voir la scène du meurtre de Nirion.
  "Mais ça va te servir à quoi? " demanda Heian, derrière elle "L'histoire est réglée, maintenant! On s'en fout de ce libraire!"
  "Réglée? Réglée? Rien n'est réglé!" explosa l'halfelin!
  "Calme-toi!" Exigea Zerdak d'un ton sévère. "Je vais vous y amener. Je crois que c'est même une bonne idée. Mais d'abord, il faut que je vous explique dans quelle histoire vous avez été embarqués malgré vous..."
Tous s'assirent et écoutèrent Menak parler. Pour une fois, personne d'autre ne se trouvait dans la grande cave et Menak parla librement.
  "Il semblerait qu'un groupe inconnu vise à éliminer la lignée des Emeryls alors qu'elle est au plus faible." commença t'il. "L'emeryl n'est pas marié, n'a pas d'enfants et donc aucune descendance à qui confier sa place. Le peuple l'aime beaucoup mais une lignée familiale de dirigeants attire toujours la jalousie des nobles ou d'autres villes rivales. Emerylonn a pris une grande importance dans la région et pratiquement  toutes les terres à 100km à la ronde sont sous l'influence de la ville. L'homme a la tête de la ville acquiert un pouvoir relativement grand qui pourrait facilement grandir encore plus et, en quelques années, atteindre l'influence d'un petit pays de par son isolement des grandes villes du nord..."
  "Et qu'est ce qui te fait penser qu'un complot se trame contre lui?" demanda Ambre.
  "Parce qu'on a été contacté pour l'éliminer... Mais ça n'arrivera pas!" reprit il rapidement en voyant leurs mines ébahies. "Nous ne voulons pas nous immiscer aussi directement dans un acte politique comme celui-là. De plus, nous avons plus d'avantages à garder l'Emeryl en vie qu'à le voir mourir. "
  "Et qu'est-ce que nous avons à faire là dedans?"
  "Je pense que vous êtes juste arrivé au mauvais moment au mauvais endroit. Les vrais coupables ont dû vous voir arriver en ville ou vous ballader sur les toits et aura pensé à des suspects tous trouvés... Mais je dois admettre que ça me semble un peu bancal à moi-même..."
Il les laissa réfléchir un moment avant de reprendre.
  "Nous allons enquêter sur cette histoire et nous verrons si nous parvenons à trouver quelque chose. Je vais vous amener voir la librairie pour que vous ayez une idée du genre de personne à qui nous avons à faire. Mais vous travaillerez sur autre chose ensuite. J'ai déjà des gens qui sont sur ce cas-là."
Une heure plus tard, quand la nuit fut tombée, ils sortirent de la maison, tous quatres étaient habillés de manière à passer inaperçus. Pour la première fois, ils passèrent par la porte d'entrée et découvrirent la rue dans laquelle ils avaient passé la dernière semaine. Ils traversèrent les ponts menant dans le district noble de la ville, à travers l'île de l'Emeryl. Menak semblait connaître les horaires de toutes les patrouilles et évitait tous les gardes et les endroits fréquentés à part les entrées et sorties des ponts qui étaient les passages obligés à découvert pour passer de l'autre côté de la baie. Dans les rues, les lampadaires avaient déjà été allumés et ils passaient d'une ombre à une autre pour passer inaperçus. Arrivés dans le quartier noble, Menak les emmena dans une ruelle isolée où ils entra dans les égouts, leur expliquant que la maison était encore gardée parce que des mages devaient encore descendre de l'université pour étudier les possibles résidus de magie qu'ils pourraient trouver dans la librairie. Il les mena à travers les égouts, restant dans de petits conduits extrêmement sombres et, bizarrement, à l'odeur encore plus répugnante que ceux de leur district.
  "Comme quoi, la merde de ces pètes-culs pue tout autant que celles des marins et marchands!" jeta Heian avec un petit rire.
Menak les arrêta enfin au bas d'une échelle. Après une longue minute l'oreille collée à la trappe, il l'ouvrit et entra, leurs faisant signe de le suivre en silence. Ils montèrent et se retrouvèrent dans une cave totalement obscure. Ils restèrent sur place quelques instants, espérant que leurs yeux s'habitueraient au manque de lumière mais sans succès. Enfin, un lueur grandit à leurs côtés et ils virent bientôt que Menak tenait un petit globe lumineux dans sa main, couvert par un voile de tissu. La lumière diffuse dégagée était suffisante pour voir autour d'eux les étagères de livres qui recouvraient tous les murs, les caisses de vieux parchemins et de papier. Menak leur fit signe d'enlever leurs chaussures crottées.
Au sol, Heian remarqua des traces de pieds nus.
  "Vous avez..." commença t'il.
Tous se tournèrent vers lui et Menak lui plaqua la main sur la bouche. Il avait oublié que la maison était encore gardée. Ils restèrent sans bouger pendant quelques instants, guettant le moindre son puis se relâchèrent. Heian leur montra les traces brunâtres de pas au sol. Elles se dirigeaient vers la trappe qu'ils avaient laissée ouverte, s'estompant un peu à chaque pas. Ambre remonta les traces jusqu'à un escalier de bois qui montait probablement vers le rez de chaussée. Elle fit signe à Cadsuane de monter la première, étant plus discrète qu'elle. Cadsuane gravit les marches et arriva devant une porte close. Après quelques instants d'attente, elle l'ouvrit délicatement, priant pour qu'elle ne grince pas. Derrière elle, la lumière s'éteint : Menak venait de ranger le globe dans sa poche. De l'autre côté de la porte, elle se retrouva dans une petite pièce allongée dont l'extrémité était fermée d'un rideau. La lumière faible qui régnait ici filtrait à travers le rideau et venait probablement d'un lampadaire dans la rue. Cadsuane marcha doucement sur le parquet au sol, évitant de touche les étagères de livres et de vieux bibelots de chaque côté d'elle. Derrière, les autres suivaient. Ambre fixait le sol devant elle. Les traces de pas peu écartées étaient plus nettes ici. L'homme avait du marcher tranquillement vers la cave. Quand elle arriva derrière Cadsuane, celle-ci regardait derrière le rideau puis se glissa de l'autre côté.Ambre la suivit, puis Heian et Menak, tranquille mais prudent.
Ambre se retrouva derrière un long comptoir dans une large pièce entrecoupée d'étagères de livres encore une fois. Le rideau fermant l'accès à la réserve était d'un lourd tissu rouge de qualité et le sol et les murs semblaient en parquet ciré. L'homme avait de toute évidence été assez fortuné. le mur en face d'eux contenait une porte et des fenêtres donnant sur la rue. Derrière la porte, ils purent entendre le conversation assourdie de deux hommes au moins. Probablement les gardes.
Mais ils n'avaient de toute façon pas l'intention de s'éterniser. Ambre venait de comprendre de quoi étaient faites les traces de pas en voyant le parquet sous ses pieds. Celui-ci était recouvert d'une large croute brunâtre également entourées de traces de mains et de pieds, puis de trainées qui partaient vers le centre de la pièce où elle s'arrêtaient brusquement au milieu d'une autre grande croute séchée. Du sang. Maintenant qu'elle l'avait vu, Ambre avait du mal à en détacher ses yeux. Il y en avait partout sur les livres et les murs. Des éclaboussures semblaient avoir moucheté le sol en une longue ligne discontinue jusque derrière une étagère. Elle se tourna vers Menak qui lui fit signe qu'on lui coupait la tête. Le libraire avait fini décapité après avoir rampé jusqu'au milieu de la pièce. La tête avait probablement dû rouler plus loin. Au dessus d'elle, au plafond, elle vit d'autres éclaboussures sur les planches du plancher de l'étage suivant. Tout à coup, elle prit conscience qu'elle se trouvait à pieds nus dans une flaque de sang et voulut sortir. Elle se retourna et vit Heian qui fixait la scène autour de lui d'un air intéressé. Cadsuane avait marché jusqu'au centre de la pièce et revenait vers eux. Menak leurs fit signe de le suivre et ils redescendirent dans les la cave puis les égouts. Ce n'est que plusieurs minutes plus tard qu'Heian s'exclama :
  "Putain..."
Par Flagg - Publié dans : Meurtre et Contrebande
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